La confiance ne se décrète pas. Elle est le résultat d'un long processus. Elle se gagne dans les petites choses.
Un
patient m’a un jour confié qu’il doutait de la possibilité même de faire confiance.
Non
pas par manque de volonté, mais parce que son histoire lui avait montré que les liens pouvaient se rompre, parfois sans explication.
Dans
mes consultations, j'ai remarqué que cette méfiance ne se disait pas directement : quelquefois, elle passait par les silences, les hésitations, une retenue dans la parole.
Ce
qui a permis à la confiance de s’installer n’a rien eu de spectaculaire :
pas
de « moment clé », pas de phrases qui changent tout, pas de promesses impossibles à tenir de ma part.
Ce
sont des éléments simples et répétés qui ont compté : le respect du cadre, la régularité des rendez-vous, une présence constante, sans jugement ni précipitation.
Séance
après séance, les choses se mettent en place, solidement et surement.
Cette
constance a permis de vérifier que le lien pouvait être fiable : que le lieu thérapeutique restait le même, même quand les émotions débordaient ou que les mots manquaient.
Mon
cadre n’a pas enfermé : il a sécurisé et a renforcé l'engagement du patient. La confiance ne se décrète pas.
Elle
se construit dans la durée, à travers des gestes professionnels discrets mais cohérents.
Dans
la relation d’aide, ce sont souvent ces fondations invisibles (stabilité, prévisibilité, continuité) qui rendent le travail possible

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